Réception des œuvres ...
Le Village et la Ville
Je considère que c’est un sujet intéressant. Le style est très particulier et original. Il me fait penser à des nouvelles de Edgar Allan Poe. Texte complet ...
Jeanine FÉRAL,
Université de Montréal
Le Village et la Ville
« Et dans l’esseulement, je n’aimerai que moi-même, et ne vais pas créer de ces rêves aux chairs consolantes » (« Sables », p. 75). Cette citation nie chez l’auteur la volonté de rêves d’évasion et explique les nombreux fantasmes et les éléments merveilleux qui servent à l’invasion d’un univers aux coordonnées floues. Texte complet...
Histoires simples et sorcelleries
[…] Les sorcelleries lyriques de Denys Gagnon sont plus turbulentes. De la concision, […], mais un phrasé impressionniste, souvent découpé au scalpel, qui glisse dans le sang des humains et le ventre des pierres pour y dépister la mort, le silence fondamental des êtres. Car, dans cette écriture dure et poétique qui nous livre des récits inquiétants, le défi suprême reste de trouver un sens à la vie.
Une imagination ardente se nourrit d’insolite et de passion dans son effort pour perpétuer le temps. Le Village et la Ville commence bien : « La ville ne l’aimait pas. On aurait pu l’ignorer et laisser les jours, au fil imperturbable de leur mesure, dégrader son souvenir jusqu’à l’oubli. […] La femme la plus vieille en la ville allait mourir, longuement mère. Douloureusement mère. »
Composé de six récits finement construits, le livre de Denys Gagnon peut être lu comme une seule et unique légende. Dans un monde empreint de violence, d’incohérence et de culpabilité, une femme, et plus tard un homme, s’institue gardienne de la cité hors les règles prescrites. Vivant sous le signe de la transgression, l’un et l’autre imposent des rites magiques et une sagesse suspecte qui appellent la destruction de l’ordre ancien. Mais la lutte contre la souffrance et la mort échoue la plupart du temps : « Une vallée s’est creusée au cours des âges, lente usure des corps douloureux aux convulsions d’amour, des pas traînés aux longs jours des quêtes amoureuses… » Les villes construites « sous l’ordre mâle » meurent comme mouraient les villages où régnait la femme. Le salut semble impossible.
Les sorcelleries de Denys Gagnon se souviennent du moyen âge, de ses pratiques magiques, de sa littérature, de ses conteurs. Parfois, on imagine ces textes chantés, tellement l’incantation et le rythme imposent leur souffle et leur mesure. Et tout cela dans un beau travail d’édition de Serge Fleury.
Madeleine OUELLETTE-MICHALSKA : Le Devoir, 3 avril 1982
Léonce CANTIN : Québec français, octobre 1981
Le nouveau souffle littéraire
Quelques labels de qualité
[…] À côté de ces femmes, une nouvelle génération d’hommes n’est certes pas étrangère à ce monde en changement. Ils renouvellent eux aussi l’univers de la fiction : dans leurs livres, des enfants souffrent et meurent, le monde est dévoré par le cancer de la violence. Lisez surtout Pierre Billon (L’Enfant du cinquième étage) et Denys Gagnon (Le Village et la Ville). […]
Jean ROYER : Le Devoir, 8 janvier 1983

